La méthodologie du débat éthique

Publié le par Crystal

On le voit de plus en plus souvent, les débats d'idées qui nous opposent ne peuvent se résoudre au travers d'une norme universelle qui nous indiquerait la différence entre le vrai et le faux. Très souvent les divergences se ramènent à des différences non pas dans ce qu'on voit mais dans notre façon de le voir, et sont par conséquent le fruit de positionnements, de choix donc, qui sont par essence strictement personnels et ainsi beaucoup plus difficiles à discuter.

Que nous enseigne la philosophie à ce sujet ? En ce qui concerne les choix --c'est à dire la dimension éthique-- le minimum nécessaire pour leur donner une dimension morale réside en ce qu'ils soient faits librement, c'est à dire sur la base de l'autodetermination. Conséquemment, cela nous impose (dans la mesure où l'on souhaite réellement participer à un débat éthique) d'avoir du respect pour cette liberté d'autodétermination, que ce soit vis-à-vis de l'autre ou de nous-mêmes.

Ainsi, il n'est pas souhaitable, ni même possible de trouver un consensus. La structuration de la société dépend donc de notre capacité à accepter et entendre des opinions qui divergent de la notre. Ainsi chaque individu peut évoluer intellectuellement, tout en restant bien sûr dans des extenstions successives de sa propre logique. Bien qu'il soit parfois utile de se renforcer dans le débat en recherchant des interlocuteurs proches de nous-mêmes, il est également d'une importance vitale d'aller au devant de la contradiction, dans la mesure ou celle-ci peut se faire dans le respect.

La resolution des questionnements sociaux ne proviendra donc pas, et ne sera pas comprise, d'un seul individu mais bien au contraire du travail de la société qui nous dépasse toujours, comme on le voit dans l'Histoire et à plus forte raison dans le moment présent. Il est néanmoins utile de comprendre ce point, afin de participer au dialogue non pas comme une force d'inertie vouée à l'incompréhension mais plutôt comme un acteur dynamique qui participe de l'oeuvre sociale.

Pour cela il est nécessaire de faire passer la qualité et le potentiel de résolution du débat avant des questions d'interêt personnel. C'est, en soi, un choix que l'on doit faire selon ses propres conditions d'existence et qui ne peut pas lui-même être l'objet d'un jugement rationnel. Néamoins on peut se permettre d'espérer que ceux qui choisiront une stratégie destructive seront (sur le plan des idées et dans l'héritage que nous transmettrons) balayés par la marche de l'évolution sociale.

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