Les limites de la liberté

Publié le par Crystal

"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !" (Saint-Just)


La seule limite de la liberté, c'est le totalitarisme, qu'il soit politique, social, culturel, economique ou même à une échelle individuel. Celui-ci s'exprime toujours par la violence, par exemple la violence physique, mais aussi intellectuelle, psychologique, ou même dans le déni de l'existence de l'autre, par exemple par le mensonge ou l'exclusion.

La liberté n'a de sens que dans la paix. On n'est pas réellement libre lorsqu'on est obligé de lutter avec l'autre dans le simple but de préserver sa vie et son autonomie. La guerre est elle-même une dynamique totalitaire. Il n'y a pas de liberté dans la guerre.

Le respect de l'autre et de sa liberté sont essentiels à son existence. Il est necessaire de laisser le terrible pouvoir de dominer et de contraindre autrui dans une sorte de "no man's land" dans lequel personne ne peut s'aventurer sans rompre l'equilibre fragile de la paix sociale. C'est, dans les sociétés libres, le rôle détenu exclusivement par la loi, à laquelle aucun individu ne peut se substituer. Celle-ci, en tant qu'expression de la volonté générale qui prime sur les volontés individuelles, dispose d'une légitimité pour exercer ce pouvoir.

On ne peut raisonnablement que se soumettre à une loi qui préserve les libertés de chacun, et qui apporte la paix. La liberté est donc limitée par la loi qui nous préserve du totalitarisme. Et pour les individus qui sont eux-mêmes totalitaires, et dont l'univers s'arrête à leur propre personne, il n'y a pas de liberté, seulement une guerre perpetuelle pour la domination de l'autre.

Ce qui se construit au-delà de la barrière du respect de l'autre et des autres, c'est toute la structuration d'une société libre dont les membres ont la possibilté de dépasser le cadre de leur individualité, et de mettre en commun leurs potentiels pour former un tout qui dépasse la simple somme de ses parties. Mais ce n'est accessible que pour ceux qui acceptent d'attenuer leurs pulsions égoïstes pour laisser place à la vie publique.

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